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Le choix de la cire de colza

On me demande souvent « pourquoi des bougies à la cire de colza ? ».

Et souvent j’explique vite fait, parce que c’est difficile de tout dire en quelques secondes sur un stand, il y a du bruit, du mouvement… Bref, on reste souvent sur sa faim, coté visiteur comme coté moi, parce qu’on en a pas appris assez, ou parce que je n’ai pas réussi à tout en dire.
 

Cire de colza
 

Alors voilà, je répare (enfin) la chose pour vous, au moins, amis lecteurs et visiteurs ! Mais !

Avant de vous expliquer pourquoi j’ai choisi le colza, ce me semble important de vous expliquer POURQUOI je n’ai PAS choisi les autres cires, qui pourtant ont (sincèrement) des avantages que n’a pas la cire de colza (mais elle en a quand même, vous allez voir) : le coût réduit, la facilité de fonte et de coulée, le temps de refroidissement réduit, l’éclat des colorants à la teinte… Blablabla !

Alors si elles ont toutes ces avantages que « ma » cire n’a pas, pourquoi j’ai préféré me casser la tête (et les pieds, et les pieds, aaaalouette…) avec elle plutôt que de me faciliter la vie avec une autre ? 😉

Venez par là, que je vous explique !
 

Pourquoi ne pas avoir choisi… La Paraffine ?


 
Très peu chère, très facile à utiliser, d’une belle transparence qui laisse libre cours à notre imagination et même déclinée en gel, en voilà un produit qu’il est bien ! Tellement « bien » que la paraffine est la cire la plus utilisée dans le monde, que ce soit par l’industrie cirière ou par les petits ciriers ou amateurs qui la trouvent en petite quantité dans les magasins.
 

Oui mais… Sait-on vraiment ce qu’est la paraffine ?
 

Car en fait, la paraffine, ce n’est rien d’autre qu’un dérivé du pétrole, issu de la pétrochimie.
 

 
Certaines grandes marques très connues aiment jouer sur ces mots et appuyer le coté « naturel » de la paraffine en précisant qu’elle est très pure et/ou d’origine végétale… Et bien oui, végétale car le pétrole est en fait le résidu de plantes (et animaux parfois, mais morts il y a très très très longtemps hein!) fossilisées qui se sont, au fil des âges, transformées en bouillasse noirâtre qui nous sert aujourd’hui à tant de choses. 😉 Je simplifie bien évidemment, c’est un processus très long et particulier, mais je ne vais pas vous faire une dissertation sur le sujet non plus ! 😀
 
Malheureusement, le pétrole on en utilise tout le temps, partout, et sous diverses formes, que ce soit dans le plastique, les cosmétiques ou. . . les bougies. Et si encore aujourd’hui il y a débat sur la toxicité de certaines formes de paraffine plus que d’autres, il n’en reste pas moins que la paraffine pour bougies n’est ni alimentaire, ni cosmétique. Je vous laisse en tirer vos conclusions. . .

Notez aussi que lorsqu’une bougie indique « à base de cire naturelle/d’abeille » il est fort probable qu’elle contienne aussi (en proportion variable selon les marques) de la paraffine, pour les avantages cités plus haut.

 

 

Pourquoi pas… la cire de palme ?


 

Ca aurait pu ! C’est végétal et naturel, facile à travailler et pas cher. En plus, elle est la seule (naturelle) actuellement à permettre des jeux de « motifs » à la coulée, comme les bougies effet marbré ou givré.

Malheureusement, la cire de palme tout comme l’huile de palme sont actuellement au cœur d’un énorme débat écologique et humanitaire. La culture intensive qui dévaste les forêts et les jungles, les populations forcées de quitter leurs foyers, les animaux qui sont les premiers à en souffrir…
 

 
Je n’entrerai pas plus avant dans les détails, mais il paraît évident que je ne pourrai jamais opter pour un tel produit dans la composition de mes bougies. 😉

A noter également que les bougies en « cire végétale » sans précisions sont le plus généralement à base de palme, tout comme la stéraïne végétale (un additif couramment utilisé pour « durcir » la bougie). 😉

 

 

Pourquoi pas… La cire de soja alors ?


 

Pour rester dans le naturel, j’aurais pu choisir la cire de soja, légèrement moins chère que le colza, plus fluide et facile à travailler.

Alors pourquoi je ne l’ai pas fait ?

Et bien tout simplement car le soja est principalement cultivé aux US et en Asie. Niveau bilan carbone, on a fait mieux !

 

 
Egalement, quand on veut faire pousser du soja, on rase tout (ou récupère une parcelle d’autre culture déjà rasée) et… on y plante plus que ça. Pas de blé, pas de riz, pas d’orge, pas de navets ou de rutabagas… Que du soja, en veux-tu, en voilà !

C’est d’ailleurs un argument souvent avancé : ça ne déforeste pas, puisqu’on réutilise le même terrain. Oui mais le terrain, il s’épuise. Et s’épuise. Alors oui on peut en cultiver longtemps sur la même parcelle, mais pas indéfiniment. Et comme le soja est uniquement produit pour la fabrication de la cire, ces terres ne fourniront jamais de nourriture pour les humains ou le bétail. Donc ouverture de nouvelles parcelles dans. . . Et bah oui, la forêt, la jungle, ou tout ce qui poussait tranquillement à coté…

 

 

Et la cire d’abeille ?


 

Et bien au départ, franchement, ça m’a (très) fortement tentée !

Je trouvais ça chouette, la cire d’abeille : ça sent bon, c’est d’une jolie couleur dorée…

Et puis j’ai réfléchi, et quand même, autant si un apiculteur récupère un peu de cire de ses ruchers à la récolte et en fait des bougies, ça ne doit pas trop poser de soucis, autant je pense qu’un besoin en grande quantité induit une production plus industrialisée et exagérée de la cire.

Et le bien-être des abeilles alors ? Il devient secondaire.
 

 

C’est pour cela que beaucoup de cires vendues déjà prêtes chez les fournisseurs viennent en fait… d’Asie (et oui encore, rebonjour bilan carbone!). Où ils sont malheureusement beaucoup moins regardants quant au bien-être animal. (Mais ça permet aussi des bougies à bas coût, encore et toujours le profit rentre dans l’équation !).

Et puis puisque je parle de bien-être animal, de plus en plus nous y sommes regardants, et si je n’arrive pas encore à me passer de mon miel sur ma tartine, je trouve qu’il n’est pas utile d’en exiger d’avantage pour en glisser dans mes bougies.

 

 

Du coup, il ne reste… Que la cire de colza ! (Bien vu !)


 


Provenant de la fleur de colza, tout comme l’huile alimentaire,
elle ne sent pourtant rien à la combustion (et heureusement !) et ne réveille pas non plus les allergies (heureusement aussi !). Elle est garantie sans O.G.M. et non testée sur les animaux (car oui, d’autres cires sont testées sur les animaux, et pourtant, ce n’est pas de la cire épilatoire).
 
Née il y a quelques années à peine (la cire, pas la fleur), elle est cultivée principalement en Europe et transformée ici, ce qui réduit considérablement notre bilan carbone (enfin!).
 
Contrairement au soja ou au palmiste, le colza se cultive en rotation des cultures. C’est à dire que pendant une saison, on va cultiver du blé, du maïs,. . . , puis ensuite pour laisser le sol se reminéraliser, s’azoter. . . On va y planter du colza, tranquille. Colza qui sera ensuite soit transformé en fourrage pour les bêtes (principale utilisation), soit en huile alimentaire ou, depuis peu donc, en cire pour les bougies. 😉

 

 

Bien entendu, ses avantages écologiques et éthiques ont aussi un (petit) revers : son prix est légèrement plus élevé que celui de la cire de soja, et c’est une demoiselle un brin « capricieuse » qui se montre parfois difficile à travailler, à tendance à se fracturer ou « givrer » à sa surface une fois coulée, qui n’adhère pas toujours bien aux parois du contenant… Et ce sont effectivement des petits défauts qui peuvent en rebuter certains et qui poussent encore d’avantage les ciriers à leur préférer la cire de palme ou de soja.

Pour moi au contraire, cela lui donne encore plus de valeur, car ces petites marques sont le fruit du travail artisanal, non pas réalisé à la chaîne dans des conditions déplorables mais par moi, avec des produits les plus éthiques et sains possibles. Ca vaut bien ces petites « signatures», non ? 🙂

Et parce que quand même, elle a aussi des points forts, on pourra noter qu’elle fond à basse température ce qui permet de prolonger la durée de vie de la bougie (mes petites boites de 80 grammes durent au minimum 25h, par exemple !).

Non toxique (ne la mangez pas, quand même, en plus ça n’a pas bien bon goût, parole de cirière étourdie !), elle est, comme je vous le disais plus haut, non testée sur les animaux et sans O.G.M. Et puis surtout, elle est fondue, parfumée et coulée avec amour par votre cirière préférée dans son atelier savoyard. Rien que ça ! ♥
 
 

Voilà ! Je crois avoir fait le tour de la question ! N’hésitez pas à me poser vos (autres) questions, si vous en avez, je serais ravie de vous répondre… Peut-être dans un autre billet ? Si ce format vous a plu ! 🙂

There are 5 comments

  1. Chibi 6 mois ago

    C’est très complet merci ! 😀 Et du coup, je réfléchirai à deux fois avant d’acheter des bougies à la cire de soja dorénavant… :/

    • Laetitia 6 mois ago

      Contente que l’article t’ai plu ! 🙂

      Après tout dépend de notre sensibilité et de ce que l’on recherche dans une bougie, il y a vraiment des marques à base de cire de soja qui proposent de très bons produits… 🙂

  2. elilya 3 mois ago

    Bonjour, je viens de tomber par hasard sur votre article vraiment très bien et complet, j’hésitais entre la cire de colza et de soja pour mes bougies, du coup j’hésite encore plus^^
    Si possible, j’aimerais savoir si le coût de la cire de colza (plus chère donc que la soja) se répercute sur vos tarifs en boutique ou si la différence est négligeable. Merci.

  3. Patou55 2 jours ago

    bonjour, votre article très complet est très instructif. Cela faisait longtemps que je voulais me pencher sur la question des cires mais là plus besoin de chercher. Tout est bien expliqué. Merci.

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